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Musée suisse de l’appareil photographique, Vevey
Vevey : Maxim ou la colorisation

Un étonnant travail !

Article mis en ligne le 13 décembre 2013
dernière modification le 9 mars 2014

Maxim, alias Max Bressler, fut un portraitiste de talent qui perpétua la colorisation des photographies bien après la généralisation de la photographie en couleur pour tous. Né en 1894, il fit sa formation à Genève chez S. Bastid, fréquentant aussi l’École des Beaux-Arts. Il s’établit à Lausanne en 1927 et y travailla jusque dans les années 1970.

Certains ont peut-être conservé un souvenir d’enfance, celui d’un photographe colorisant ses tirages à l’aide de pinceaux et d’un aérographe, installé devant son chevalet dans la vitrine de son atelier du passage Saint-François à Lausanne...

De nombreux Lausannois ont passé dans l’atelier de Max Bressler dit Maxim pour y faire immortaliser leur famille, mais parfois aussi leur animal de compagnie préféré ! Maxim a également tiré le portrait de diverses personnalités et d’acteurs de cinéma et de théâtre ; il semble avoir aussi régulièrement travaillé pour le Théâtre municipal de Lausanne.

Le Musée possède dans ses collections depuis plus de vingt ans un bel ensemble de photographies de Max Bressler certainement déposées par sa famille. Au cours de ces dernières années, nous avons pu régulièrement acquérir de nouvelles images de ce photographe avec l’intention de montrer un jour le fruit de son étonnant travail et d’évoquer la technique de la colorisation qu’il a pratiquée durant de longues années ... Loin des rendus saturés des procédés industriels des années 60, qui aujourd’hui se délavent, ses images sont à nulle autre comparables.

Qu’est-ce que la colorisation ? Un peu d’histoire...
Sorte de miracle inachevé, les premiers daguerréotypes sont à la fois fascinants et frustrants : ils sont si parfaits, mais sans couleur ... l’espoir est donc de voir la plaque argentée pouvoir restituer toutes les teintes du flux lumineux qu’elle capte avec tant de perfection. Coloriser une photographie en noir et blanc remonte donc aux origines de ce médium puisque dès les années 1840 les daguerréotypes, puis les ferrotypes, étaient fréquemment rehaussés de couleurs délicates, ou plus franchement posées.

Après retouche du négatif - au moyen de crayons gris très affutés - pour gommer les divers défauts, rides et boutons ou autres imperfections de la peau. Après le développement de la photo, le fond et le pourtour du visage étaient blanchis à l’aide d’un produit affaiblisseur puis localement virés en sépia à l’aide d’un tampon d’ouate afin de réchauffer le ton des zones de peau par exemple. Puis, collé à chaud sur un carton au moyen d’une feuille de gélatine, le tirage était installé sur un chevalet pour passer au travail de colorisation.

Maxim utilisait des couleurs pour aquarelle transparentes de marque Newton, délicatement projetées à l’aide d’un aérographe (dispositif mis au point à la fin du XIXe siècle, permettant de vaporiser de la peinture à l’aide d’air comprimé. Tant le débit de la peinture que celui de l’air peuvent se régler pour obtenir un rendu à sa convenance, qui peut être d’une grande finesse si l’opérateur maîtrise bien le procédé). Le travail débutait avec du jaune « canari » très dilué puis progressivement le ton montait, avec l’usage d’autres teintes, puis les verts et les bleus. Les noirs (sombres) étaient souvent effectués en rouge indien. Les contours étaient alors soulignés par une fine ligne d’aérographe (ombre entre les lèvres par exemple) ou effectués au pinceau afin de « renforcer » l’impression de netteté. Certaines lumières étaient « grattées » à l’aide d’un stylet jusqu’à retrouver le blanc du papier.

L’exposition vous fournira toutes les informations nécessaires pour comprendre le travail d’un spécialiste tel que Maxim.

Jusqu’au 9 mars 2014