Caumont Centre d’Art, Aix-en-Provence
Aix : Collections du Prince de Liechtenstein

Prolongation jusqu’au 28 mars !

Article mis en ligne le 19 novembre 2015
dernière modification le 26 mars 2016

Amateurs d’art et mécènes depuis le XVIe siècle, les Princes de Liechtenstein ont réuni l’une des plus importantes collections privées d’Europe. Une sélection de ces chefs-d’œuvre est présentée à Caumont Centre d’Art. L’occasion d’admirer des œuvres de Cranach, Raphaël, Rubens, Van Dyck, Rembrandt ou Vigée-Lebrun.

L’exposition retrace l’histoire de la peinture classique européenne à travers les sujets de prédilection de ces grands mécènes : des portraits de la Renaissance italienne aux chefs-d’œuvre de la peinture flamande, de la splendeur du Siècle d’or hollandais aux “Caprices“ d’Hubert Robert et de Giovanni Paolo Pannini, jusqu’aux commandes princières à Almering et Vigée-Lebrun.

Majoritairement dédiées à l’art occidental, de la Renaissance à la fin du XIXe siècle, les Collections Princières rassemblent peintures (quelques 1.700 tableaux), sculptures, dessins, gravures, mobilier, livres et objets précieux. Instituées au XVIIe siècle, elles sont inspirées par l’idéal du mécénat artistique des princes, typique de l’époque baroque et qu’ils transmettent jusqu’à aujourd’hui.

Le parcours commencera avec des trésors de la fin du Moyen Âge, comme la Vierge à l’enfant (vers 1420) à fond d’or de Lorenzo Monaco. Après cette peinture spirituelle, à partir du XVIe siècle, la Renaissance change les manières. La merveilleuse Venus (1531) de Lukas Cranach l’Ancien, et son Saint Christophe, ont des attitudes beaucoup plus naturelles et incarnées. L’attention des artistes se tourne vers l’être humain, comme en témoigne un beau Portrait d’homme (vers 1502-1504) par Raphaël, ou Les collecteurs d’impôt (après 1501) par Quentin Metsys. Les peintres trouvent des sources d’inspiration dans l’Antiquité, que ce soit dans la mythologie (Hans von Aachen, Diane et ses nymphes se reposant après la chasse, vers 1602) ou dans la vue contemporaine des ruines (Herman Posthumus, Paysage avec des ruines romaines, 1536).

Au XVIIe siècle, les artistes travaillent la lumière comme jamais auparavant. Matthias Stomer est un virtuose du clair-obscur, avec des scènes de recueillement où la seule lumière semble émaner du corps de l’enfant Jésus (L’Adoration des Bergers de Matthias Stomer, vers 1640-1650). Au contraire, ailleurs, la lumière éclate dans des couleurs stridentes et acidulées (Cristofano Allori, Judith avec la tête d’Holoferne, 1613). Rubens est un artiste majeur de ce siècle. On pourra, entre autres, admirer côte à côte Mars et Rhéa Silvia, une toile magistrale qui appartient à la collection depuis 1710, et son esquisse achetée en 1977.

Le XVIIe siècle est aussi marqué par la réévaluation de genres parfois qualifiés de mineurs : le portrait, la scène de genre qui dépeint un moment de la vie quotidienne, la nature morte. Là encore, la collection des Princes du Liechtenstein montrera sa richesse avec un Rembrandt précoce, Amour à la bulle de savon, avec aussi un Portrait d’homme de Frans Hals, et trois portraits de Van Dyck, ainsi que des scènes de musique et de ripailles dans la meilleure tradition flamande.

La fin du parcours sera consacrée aux XVIIIe et début du XIXe siècles. Giovanni Paolo Pannini (Caprice avec les monuments et les sculptures les plus considérables de la Rome antique, 1735) et Hubert Robert (Caprice avec le Panthéon devant le port de la Ripetta, 1761) inventent des paysages monumentaux inspirés de l’Antiquité. Joseph Vernet, quant à lui, préfère pour ses Baigneuses une vision plus exotique, marquée par la chaleur et une certaine langueur. Le parcours se clôt sur une évocation du milieu aristocratique de la Vienne du XIXe siècle, à la fois intime et précieuse, fleurie et sensuelle.

Du 7 novembre 2015 au 28 mars 2016