Bozar, Bruxelles
Bruxelles : Spanish Still Life

Natures mortes

Article mis en ligne le 26 février 2018
dernière modification le 28 mai 2018

Au Bozar, une exposition ambitieuse met en lumière la richesse et la diversité des natures mortes espagnoles. Dans un aperçu chronologique, de 1600 à aujourd’hui, le visiteur découvre quelque 80 œuvres de grands maîtres espagnols.

Des natures mortes d’artistes de renommée internationale, comme Cotán, Velázquez, Goya, Picasso, Miró et Dalí, sont exposées aux côtés de toiles de leurs contemporains et prédécesseurs et donnent ainsi un aperçu des plus complets du genre et de ses évolutions.

Les natures mortes existent depuis la nuit des temps, mais c’est seulement à partir du XVIIe siècle qu’elles ont commencé à constituer un genre à part entière. Les natures mortes espagnoles occupent une place unique dans le contexte européen. Elles sont clairement apparentées aux modèles flamands et italiens, mais les premiers spécialistes de la nature morte espagnole ont développé leur propre langage visuel. Les « bodegónes’ » du XVIIe siècle surtout, caractérisées par une réalisation sobre et épurée, comptent parmi les réalisations les plus marquantes de l’histoire du genre.

Malgré sa popularité auprès des donneurs d’ordre et des cours royales, la nature morte demeure un genre souvent méconnu : il est considéré comme un exercice académique de composition, couleur et texture, avec un intérêt principalement décoratif. Pourtant, il s’agit d’un domaine passionnant de l’histoire de l’art. La grande variété d’objets représentés – comme des tables avec des aliments, des fruits ou du gibier, des trompe-l’œil et même des scènes de cuisine – déborde souvent de symbolisme et de messages moralisateurs. La nature morte a aussi connu une évolution passionnante : depuis son essor et expansion au cours de la faste période baroque des XVIIe et XVIIIe siècles à un renouveau au XXe siècle grâce aux artistes d’avant-garde. Les expérimentations cubistes d’artistes comme Picasso ont fait atteindre un autre niveau au genre, le rendant à nouveau pertinent.

Cette rétrospective réunit pour la première fois 400 ans d’évolution de la nature morte espagnole et s’articule autour de quatre groupes thématiques et chronologiques, par siècle. Au début de l’exposition, consacrée au XVIIe siècle, les œuvres phares sont incontestablement les tableaux de Sanchez Cotán, le « père du genre », qui a influencé de nombreuses générations après lui. Après ces premières bodegones du XVIIe siècle, nous poursuivons avec les interprétations personnelles de Velázquez, Zurbarán et Goya jusqu’aux œuvres plus expérimentales de Picasso, Dali et Miró, sans oublier le travail d’artistes espagnols contemporains comme López ou Barceló. L’exposition s’attarde à un aspect moins connu de leur travail. Elle jette un regard nouveau sur l’œuvre de ces artistes espagnols importants en les plaçant dans le contexte de la nature morte.

Du 23 février au 27 mai 2018