Théâtre Saint-Gervais Genève
Genève : A l’écoute de Ramuz

Saint-Gervais présente un monologue tiré des œuvres de Ramuz.

Article mis en ligne le 1er novembre 2007
dernière modification le 28 juin 2013

par Frank FREDENRICH

« C’est un poète qui raconte comment raconter, qui nous narre l’art de construire un conte comme un artisan de la pensée façonne l’ouvrage sur son établi de papier ».
C’est ainsi que François Chattot – metteur en scène – et Martine Schambacher – l’interprète – définissent Les uns à côté des autres, monologue poétique à l’affiche au Théâtre Saint-Gervais Genève du 20 novembre au 2 décembre.

Ramuz faisant partie de ces auteurs que l’on étudie désormais sans doute plus qu’on ne les lit, sauf peut-être sur les rives de la Venoge, il importait selon François Chattot de souligner la beauté de la langue de l’écrivain vaudois trop négligé selon lui.

« Les uns à côté des autres »
© V. Arbelet

Promenade à travers des réflexions
Après tout, rappelle le metteur en scène, n’est-ce pas Claudel lui-même, une référence en la matière surtout pour un homme de théâtre, qui dans une lettre affirma à l’auteur de Derborence qu’il avait inventé « une nouvelle parlure » ? Pourtant, encore aujourd’hui certainement, Ramuz est parfois considéré comme un auteur régional avec tout ce que cela peut sous-entendre…
C’est oublier qu’il a réinventé et nourri le français comme peu d’autres auteurs ont su le faire. Enthousiasmés par la lecture de ses textes – de pures merveilles selon François Chattot – ce dernier et Martine Schambacher ont choisi trois nouvelles comme pivot de ce spectacle mais ont également sélectionné des extraits du Journal et des Carnets de l’écrivain vaudois.
Promenade à travers des réflexions au sujet de la création artistique, le spectacle se veut également drôle et même cocasse bien que réalisé avec sobriété, accompagnement musical sous forme de comptines, décor sobre – quelques pierres servant en quelque sorte de paysage à la manière d’un jardin japonais.
C’est donc le portrait d’une figure à la fois trop connue et méconnue que l’on risque de découvrir sur la scène de Saint-Gervais : ce Ramuz qui affirmait « j’écris, mais ceux qui m’ont appris à écrire ce sont les peintres », lui qui écrivit quelques superbes pages sur Cézanne selon François Chattot. Retrouver des textes pratiquement inconnus souvent d’une rare délicatesse, c’est ce que promettent ces morceaux choisis dont on peut penser qu’ils donneront l’envie de relire Ramuz…

Frank Fredenrich

Théâtre Saint-Gervais Genève du 20 novembre au 2 décembre
Loc. 022/908.20.00