Fondation L’Estrée, Ropraz
Ropraz : Marc Jurt

« Entre signes et traces »

Article mis en ligne le 22 septembre 2019
dernière modification le 29 octobre 2019

La Fondation L’Estrée rend hommage à l’artiste Marc Jurt en présentant, sous le titre « Entre signes et traces » une série de gravures et de peintures. Rappelons que Marc Jurt, décédé trop tôt des suites d’une maladie en 2006, fut l’un des artistes les plus marquants de la scène artistique suisse du XXe siècle.

« Tout commence, chez Marc Jurt, par une trace, un trait gravé ou dessiné. Par ce trait, l’artiste essaie de trahir le monde, c’est-à-dire de l’agripper, de toutes les manières, de toutes ses forces, et de l’attirer vers lui. L’artiste est un archer qui tire, de nuit, sur des cibles mouvantes. À ce jeu-là, Marc Jurt était expert : le regard, d’abord, mais aussi le corps tout entier, qui s’imprègne du monde, décoche ses flèches ; puis la main qui trace, danse sur le papier ou la plaque de cuivre, qui creuse, qui va au fond des choses ressuscitées par le geste rapide et élégant.
Au fil des œuvres — trente années de dessin, de gravure et de peinture — le trait, bien sûr, a changé. De l’hyperréalisme symbolique des premières gravures à l’abstraction lyrique des dernières grandes toiles, le trait s’est à la fois dépouillé de l’inessentiel et enrichi de nouvelles expériences, de nouvelles sensations. Grâce aux voyages, aux rencontres, aux aventures de la vie. Mais toujours il a gardé en point de mire son objectif : tracer l’élan, donner une forme visible à la force.
L’œuvre de Marc Jurt n’est jamais fermée : c’est une maison ouverte au monde. Elle est à la fois singulière (on reconnaît son trait, sa marque, au premier coup d’œil) et universelle. Les Balinais comme les Occidentaux s’y retrouvent chez eux, tant Marc aime à jouer avec les matières (tissus, écorces d’arbres, papiers de riz ou de coton), à faire des clins d’œil, à tracer des passerelles entre les peuples et les civilisations. »

Jean-Michel Olivier

Jusqu’au dimanche 27 octobre 2019