Musée d’Orsay, Paris
Paris : « Au pays des monstres » - Léopold Chauveau

Musée ouvert, mais entrées régulées !

Article mis en ligne le 9 mars 2020
dernière modification le 17 mars 2020

L’exposition proposée par le Musée d’Orsay permet une complète redécouverte d’un œuvre sans équivalent à son époque. Elle s’articule autour de deux grands axes : d’une part la personnalité, la vie et l’œuvre de Léopold Chauveau et de l’autre son univers pour les enfants qui saura fasciner les plus jeunes visiteurs.

Léopold Chauveau (1870-1940) « Monstre », 1922
Plâtre. Paris, Musée d’Orsay. Photo © musée d’Orsay, dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

Médecin par obligation familiale, Léopold Chauveau s’est réfugié en autodidacte dans un univers artistique étrange et singulier. À la fois sculpteur, illustrateur et auteur de livres pour adultes et enfants, il est longtemps resté oublié de l’histoire de l’art, avant que plusieurs donations de son petit-fils au musée d’Orsay ne permettent sa redécouverte. Désormais riche de 526 dessins, 48 sculptures et d’archives liées à sa production artistique, le musée propose au public une immersion dans son œuvre, en résonance avec ses sources d’inspiration et ses contemporains.

Léopold Chauveau (1870-1940) « Fables de la Fontaine/ Le rat qui s’est retiré du monde »
Encre noire, aquarelle et gouache sur papier vélin épais Ingres Arches MBM
1921. H. 19 ; L. 26, 5 cm. Paris, musée d’Orsay, don de Marc Chauveau, 2016

Les premières sculptures de Léopold Chauveau sont datées de 1905, alors qu’il réside à Versailles, non loin du peintre et sculpteur Nabi Georges Lacombe. Les monstres deviennent rapidement un leitmotiv de sa production, en sculpture comme en dessin, avec la première série de la “Maison des monstres“ (1910-1919). Hybrides, ses créatures sont souvent attachantes, maladroites et comme étonnées de leur propre présence. Semblant sortir de son inconscient, elles constituent pour Chauveau de véritables compagnons, le peuple d’un monde imaginaire dans lequel il trouverait refuge, loin de l’exercice de la médecine qu’il abhorre. Malgré leur singularité, les monstres sculptés de l’artiste peuvent s’inscrire dans une généalogie de l’histoire de l’art ; on pense notamment aux gargouilles médiévales ou à des influences japonaises.

A l’occasion de l’exposition, de nombreux dispositifs de médiation, scénographiques et numériques, ont été conçus en lien avec l’œuvre et l’univers singuliers de Léopold Chauveau. Réalisés en collaboration avec des auteurs, étudiants et illustrateurs d’aujourd’hui, ils se déploient au cœur de l’exposition dans un espace dédié.

Du 10 mars au 28 juin 2020