Théâtre de Poche, Paris
Paris : Théâtre de Poche

Saison

Article mis en ligne le 4 septembre 2020

par Viviane Vuilleumier

De très beaux spectacles sont à l’affiche du Théâtre de Poche pour la prochaine saison, et il serait dommage de ne pas leur consacrer quelques lignes !

Après Le Laboureur de Bohème de Johannes von Tepl dans une mise en scène de Marcel Bozonnet et Mademoiselle Else d’Arthur Schnitzler, œuvre adaptée et mise en scène par Nicolas Briançon, un chef-d’œuvre converti en un monologue vécu en direct par l’héroïne, spectacles qui débutaient la saison (représentations agendées jusqu’au 3 janvier).

« Le Grand Théâtre de l’Épidémie »

L’affiche s’est ensuite enrichie avec Le Grand Théâtre de l’épidémie , spectacle basé sur des textes de Sophocle, Camus, Claudel, Ionesco, Artaud, Shakespeare... et conçu par Christophe Barbier. Sans la peste, Œdipe resterait roi, tandis que Roméo et Juliette vivraient heureux ensemble. Sans la peste, Albert Camus parlerait moins bien du totalitarisme, et Eugène Ionesco de la condition humaine. Si l’épidémie et le théâtre avancent main dans la main depuis les origines, c’est parce que tous deux sont en quête de vérité. Entre récit chronologique et extraits de chefs d’œuvre, le Grand Théâtre de l’Épidémie raconte cet édifiant compagnonnage.
Sorcière de Marguerite Duras a pris place sur scène dès le 15 septembre, avec Macha Méril mise en scène par Stéphan Druet. Tirés de plusieurs sources, les textes de Sorcière, recueillis dans son œuvre et liés les uns aux autres, forment comme une histoire de la vie de Marguerite Duras. Le fil conducteur en est cette appréhension directe du monde, cet instinct de vie et de mort propre depuis toujours à toutes les femmes (deux spectacles à voir jusqu’au 18 octobre).

« Un cœur simple »
© Photo Lot

Reprise d’ Un cœur simple de Gustave Flaubert, une nouvelle tirée du recueil Trois contes, qui retrace l’histoire d’une servante au XIXe siècle, en Normandie, Félicité de son prénom. Isabelle Andréani l’a adaptée pour le théâtre et l’incarne avec toute la force émotionnelle et lumineuse qu’on lui connaît. Xavier Lemaire l’accompagne dans une mise en scène fluide et charnelle (12, 19 et 26 octobre - Lundi 21h).

À partir du 5 octobre, William Mesguich met en scène et interprète Dans les forêts de Sibérie . Le comédien fait revivre sur scène l’expérience exceptionnelle de l’écrivain-aventurier Sylvain Tesson. Parti loin de la cité et de la foule, il fait le choix de s’isoler au milieu des forêts de Sibérie, là où les seules occupations sont de pêcher pour se nourrir, de couper du bois pour se chauffer. Il réapprend le bonheur de la lecture et la réflexion solitaires. Avec poésie et humour parfois, il nous entraîne dans sa cabane... (les lundis jusqu’à fin décembre).

« La Promesse de l’aube »
© photo Pascal Victor / ArtComPress

Puis, nouvelle reprise dès le 20 octobre. La Promesse de l’aube de Romain Gary, roman autobiographique puissant et bouleversant est le récit de la relation passionnelle et profonde qui unit l’écrivain et sa mère durant toute leur vie. La beauté du livre est dans la richesse des sentiments d’amour qui lia les deux êtres et dans la force du récit épique de la vie aventureuse de l’écrivain. La mise en scène et l’interprétation sont assurées par Stéphane Freiss (agendé jusqu’au 9 janvier.

Viviane Vuilleumier