Théâtre de Beaulieu, Lausanne
Lausanne, Béjart Ballet : Voyage autour du monde

Le Béjart Ballet a présenté comme prévu le spectacle concocté par Maurice Béjart pour les fêtes de fin d’année, malgré la mort du chorégraphe à fin novembre 2007.

Article mis en ligne le décembre 2007
dernière modification le 22 janvier 2008

par Michel PERRET

Le Tour du monde en quatre-vingt minutes, clin d’oeil à l’œuvre éponyme de Jules Verne, est le nouveau spectacle que Maurice Béjart va présenter pour les fêtes de fin d’année au public lausannois avant sa traditionnelle saison parisienne en janvier 2008 au Palais des sports !

Ce n’est un secret pour personne, la santé actuelle de Béjart ne lui pernet plus de travailler pleinement et l’on comprendra aisément que l’élaboration d’une œuvre totalement nouvelle n’est pas à l’ordre du jour. Mais peu importe finalement, car ce n’est aujourd’hui plus ce que ses aficionados réclament...

Maurice Béjart. Photo Philippe Pache

Promenade
Si la verve créatrice de Béjart semble s’être tarie depuis qelque temps, son grand professionnalisme et son talent de metteur en scène lui permettent encore de surprendre. On l’a bien vu ces dernières années avec plusieurs spectacles qui reprenaient des extraits d’anciens ballets remis au goût du jour. Il faut dire qu’avec plus de 200 opus, la qualité a toujours été assez inégale et il ne restera peut-être qu’une vingtaine de vrais chefs-d’œuvre... Mais c’est une autre histoire et tout un chacun jugera et appréciera selon ses goûts et sa sensibilité.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, peu d’informations ont filtré quant à cette nouvelle création. Mais on sait que ce sera une promenade à travers quelques pays que Béjart a aimés et qui l’ont inspiré chorégraphiquement. L’Inde d’abord avec Bahkti à la fin des années soixant-dix, l’Iran avec le magnifique Golestan et la rencontre de l’Islam et du Soufisme, le Sénégal, pays d’origine d’une de sa grand-mère et pays aussi de Léopold Sédar Senghor, l’Egypte portée par la voix sublime d’Oum Kalsoum (Ballet Pyramide), Venise avec Vivaldi (Light) sans oublier Vienne (Wien, Wien nur du allein) ou la Grèce avec les compositeurs fêtiches que sont Mikis Théodorakis et Manos Hadjikanis.... Les Etats-Unis, le Brésil et les Andes ( ! ) ne sont pas oubliés et feront le lien entre plusieurs de ces cultures assez disparates ! C’est Henri Davila, jeune costumier rattaché à la compagnie qui habillera les danseurs.

Nouvel ouvrage
On signalera également la parution d’un nouvel ouvrage de photos de Marcel Imsand consacré à Béjart et paru aux Editions Favre. Si les livres sur Béjart ne manquent pas, ce dernier se démarque quand même des précédents, car il laisse au lecteur une grande part de rêve et d’interprétation.
C’est un Maurice Béjart croqué sur le vif depuis une quarantaine d’années par le photographe le plus populaire des Romands. Des photos pudiques et sensibles qui traquent Béjart dans ce qu’il a de plus profond et de plus attachant ! De simples gestes, des regards intenses de la vie de tous les jours jusqu’au costume d’académicien ou d’une rencontre avec Serge Lifar... C’est Béjart tout entier qui se révèle au fil des pages. Un texte précis et essentiel de Jean-Pierre Pastori acompagne ces splendides images en noir et blanc qui racontent mieux que n’importe quel narrateur ce grand chorégraphe.

Michel Perret

Théâtre de Beaulieu du 20 au 23 et du 26 au 30 décembre,
www.bejart.ch, Tél. 021/641.64.80www.bejart.ch
Location ResaPlus au 0900 552 333