Palazzo Roverella, Rovigo
Rovigo : Robert Doisneau

Hommage

Article mis en ligne le 28 septembre 2021
dernière modification le 26 août 2021

Le plus beau baiser de l’histoire de la photographie ? Impossible à dire. Mais il est certain qu’une place sur le podium appartient à l’image du jeune couple, indifférent à la foule des passants et à la circulation de la place de l’Hôtel de Ville à Paris. L’auteur est Robert Doisneau, le grand maître de la photographie auquel le Palazzo Roverella rendra hommage à travers une exposition originale, capable de révéler au public des œuvres dont la vocation est, en fait, de capturer des moments de bonheur comme celui-ci.

« Le baiser de l’Hôtel de Ville, Paris », 1950
© Robert Doisneau

Avec Henri Cartier-Bresson, Doisneau est considéré comme l’un des pères fondateurs de la photographie humaniste française et du photojournalisme de rue. Avec son objectif, il capte le quotidien des hommes et des femmes qui peuplent Paris et sa banlieue, avec toutes les émotions des gestes et des situations dans lesquelles ils sont engagés.

« Les frères, rue du Docteur Lecène, Paris », 1934
© Robert Doisneau

Cette exposition embrasse son travail sans distinction chronologique ni aucun critère de genre ou de thème, aux côtés d’usines, de comptoirs de bistrot, de conciergerie, de cérémonies, de clubs de jazz, d’écoles ou de scènes de rue en général. Qu’il s’agisse de photographies réalisées sur commande ou du fruit de sa libre déambulation dans Paris, on voit émerger un style empreint d’un état d’esprit particulier, qui transparaît aussi dans ses écrits et dans les légendes des photos ; un style qui mêle charme et fantaisie, mais aussi une liberté d’expression non loin du surréalisme. Si le style est l’homme (comme dit Buffon), de la même manière la photographie s’identifie à certains de ses sujets pour exprimer une sorte de malaise ou de mélancolie.

Une histoire menée à travers 130 tirages au sel argentiques noir et blanc, issus de la collection de l’Atelier Robert Doisneau à Montrouge. C’est dans cet atelier que le photographe a imprimé et archivé ses images pendant plus de cinquante ans, et c’est là qu’il est décédé en 1994, laissant en héritage près de 450 000 négatifs.

Du 23 septembre 2021 au 30 janvier 2022