Théâtre de Vidy, Lausanne
Lausanne : A l’affiche en janvier

Saison

Article mis en ligne le 4 janvier 2022
dernière modification le 11 février 2022

Jolie programmation qui devrait intéresser les spectateurs lausannois avec la venue de “grosses“ pointures du théâtre européen, Nicolas Bouchaud, Milo Rau...

« Grief & Beauty »
© Michel Devijver

Grief & Beauty (Chagrin & Beauté)
Après Familie, Milo Rau présente le deuxième volet de sa Trilogie de la vie privée, poursuivant ainsi son étude de l’intime : dans un univers quotidien, les acteurs·rices enquêtent sur le plus incompréhensible de chaque vie, sa fin. Une pièce radicale et tendre qui explore les limites de la représentation de la mort, du deuil et de la beauté.
Comment affrontons-nous la mort, tout au long de la vie et lorsqu’elle se termine ? Comment pouvons-nous traverser l’épreuve du deuil et dire adieu ? La mort peut-elle être représentée sur scène ? Dans leur nouvelle pièce, Milo Rau et son équipe abordent un thème qui est au cœur de leur travail depuis de nombreuses années : la question de l’adieu, du deuil et de la mort, mais aussi de la mémoire et de la solidarité face aux derniers instants.

Du 13 au 16 janvier / En néerlandais, surtitré en français et anglais / Hors les murs / L’Octogone – Théâtre de Pully

« Un vivant qui passe »
© Jean-Louis Fernandez

Un vivant qui passe
En 1942, Maurice Rossel est un jeune officier suisse de 25 ans qui rejoint le Comité international de la Croix-Rouge. Il sera bientôt envoyé à Berlin pour inspecter les camps de prisonniers. Plus de trois décennies plus tard, alors qu’il prépare son film Shoah, Claude Lanzmann cherche à le rencontrer car il fut l’auteur d’un rapport controversé sur le ghetto de Therensienstadt. Devant la caméra du cinéaste, le docteur Rossel raconte sa visite du camp d’Auschwitz. Il exprime le sentiment d’horreur qu’il a ressenti, relève l’ambiguïté de sa position d’humanitaire à l’action plus que restreinte.
Avec Un vivant qui passe, Nicolas Bouchaud poursuit une série de spectacles sur des paroles majeures du XXe siècle qu’il conçoit avec la complicité du metteur en scène Eric Didry et de la dramaturge Véronique Timsit. À l’écoute de ce dialogue dans lequel affleurent les questions de réel et de vérité, Nicolas Bouchaud invite à son tour l’histoire à comparaître sur la scène d’une histoire qui est aussi la nôtre.

Du 18 au 22 janvier / Pavillon de Vidy

« Les nuits enceintes »
© Julie Masson

Les nuits enceintes
Deux sœurs usées par la vie se retrouvent dans le domaine familial défait par des chantiers d’autoroute et de lotissement aujourd’hui à l’arrêt. Elles perçoivent au loin les rumeurs d’un groupe qui s’est installé dans la forêt, inventant d’autres manières de vivre. Sam et Mélisande sont sœurs, mais beaucoup les opposent. La première a fait et refait sa vie avant de revenir au domaine. L’autre est restée, solitaire et renfermée. Elles sont chacune secondées par un homme, ombre d’elles-mêmes plus qu’amant. Elles tentent, ou ont tenté, de survivre dans un monde dans lequel elles ne se repéraient plus. Leurs nuits n’enfantent plus ni jeunesse ni rêve depuis longtemps.
Le théâtre de Guillaume Béguin est rêveur, tramant des mondes à la fois réels et fantomatiques. Comme souvent, le metteur en scène, qui signe ici son premier texte dramatique, interroge ce qui unit ou désunit nos héritages et nos descendants. Cette fois, à travers les personnages de ces deux sœurs et la métaphore de la nuit comme métamorphose, il regarde une société asphyxiée par l’exploitation à outrance de son environnement, et qui porte en elle le rêve de son propre bouleversement.

Du 19 au 29 janvier / Vidy, Salle René Gonzalez

« Antigone à Molenbeek »
© Simon Gosselin

Antigone à Molenbeek & Tirésias
Guy Cassiers re-crée, dans une version française, le diptyque Antigone à Molenbeek & Tirésias, deux monologues qui se suivent, interprétés respectivement par Ghita Serraj (Antigone) et Valérie Dréville (Tirésias).
Les personnages d’Antigone et de Tirésias questionnent tous deux l’ordre, l’autorité, les limites et les lois de la société patriarcale (occidentale). À partir de la position « d’étranger », Nouria (Antigone) et Tirésias mettent à nu les préjugés refoulés de la société, aussi bien sexuels, sociaux que politiques. Les deux spectacles sont présentés sous forme de diptyque.
Antigone à Molenbeek : « Enterrer des morts est un des plus anciens rituels de l’humanité. Mais le frère de Nouria est un jihadiste mort dans l’attentat suicide qu’il a commis. Et cela change tout. » - Guy Cassiers
Tirésias : « Le monde ne devient réel qu’à travers la manière dont nous le regardons et c’est le guide aveugle qui nous ouvre les yeux. » - Guy Cassiers

Du 26 au 29 janvier / Vidy, Pavillon

Billetterie (sur la page du spectacle) : https://vidy.ch/