Galerie de la Ferme de la Chapelle, Grand-Lancy
Grand-Lancy, Ferme de la Chapelle : Nouvelles directions

Entretien avec Madame Nicole Kunz, qui gère désormais la Ferme de la Chapelle, propriété de la ville de Lancy.

Article mis en ligne le février 2008
dernière modification le 2 février 2008

par Françoise-Hélène BROU

Cette propriété acquise et restaurée en 1982 par la Ville de Lancy fonctionne comme une galerie d’art. Elle connaît depuis l’automne dernier une profonde mutation. L’espace a changé de direction et est désormais sous la responsabilité de Madame Nicole Kunz, historienne de l’art et forte d’une expérience professionnelle riche et variée dans les domaines de la culture, du journalisme et de l’édition. Entretien.

La nouvelle responsable souhaite développer en cet espace culturel bien connu des Genevois de nombreux projets et activités.

Parlez-nous de l’organisation de ce lieu ?
Nicole Kunz : Depuis une quinzaine d’années La Ferme de la Chapelle est une galerie d’art, à caractère commercial puisque les œuvres des artistes exposés sont vendues. La Villa Bernasconi qui expose également de l’art contemporain dans la même commune de Lancy a un fonctionnement plutôt muséal et ne vend donc pas d’œuvres. Cette distinction permet de disposer de deux lieux consacrés à l’art contemporain qui ont chacun une vocation spécifique. L’espace appartient à la Ville de Lancy, à ce titre je travaille comme une employée fonctionnaire, je suis secondée dans mes diverses tâches par une assistante, Madame Murielle Bain. Enfin nous disposons d’un budget pour organiser les expositions et couvrir les diverses dépenses liées à notre activité.

Quels changements, innovations et projets souhaitez-vous réaliser durant votre mandat ?
D’abord nous allons ouvrir cet espace à une plus large palette d’artistes. En effet, la Ferme de la Chapelle accueillait essentiellement des créateurs de la région de Genève, nous voulons désormais étendre notre action sur l’ensemble de l’arc lémanique et de la Suisse romande. Cette ouverture devrait également attirer un nouveau public et faire connaître le lieu bien au-delà du périmètre genevois. Ensuite nous entendons aussi diversifier les techniques et courants artistiques présentés au public, par exemple nous voulons montrer de la photographie, une expression qui n’a jamais été exposée à la Ferme de la Chapelle. Nous sommes aussi sensibles à des expressions comme l’art brut. Un autre grand changement enfin consiste à concevoir une exposition comme un événement à l’intérieur duquel se déroulent plusieurs « actions » : un concert, une conférence, des lectures, un brunch, etc… Ces divers moments étant thématiquement liés à la présentation des œuvres d’un artiste. Nous avons d’ailleurs déjà commencé ce programme pluridisciplinaire depuis mon entrée en fonction cet automne.

L’aménagement actuel de la Galerie qui se présente comme un espace plutôt traditionnel avec un sol en carrelage et des poutres rustiques n’est guère favorable à la présentation de l’art contemporain. Entendez-vous changer la configuration des lieux ?
Je suis très heureuse d’annoncer au public que la Galerie la Ferme de la Chapelle va connaître un relookage durant l’été prochain. Murs blancs et sols unifiés, nouveau mobilier, etc… Les travaux transformeront complètement cet espace en un lieu plus moderne et adapté à la présentation de l’art actuel et à l’accueil des publics.

Sur le plan de la communication, quels sont les nouveautés et changements que vous comptez apporter ?
Nous avons déjà commencé à innover, en effet nous avons changé le graphisme des cartons d’invitation. Idem pour le logo distinctif de la Ferme et les dossiers de presse. Ensuite dès la fin février, nous disposerons également d’un nouveau site web, entièrement remanié. Sur un autre plan communicationnel, nous souhaitons, dans le souci de lutter contre le cloisonnement culturel, multiplier les liens de collaboration avec les institutions artistiques genevoises et communales, les galeries, les associations ou collectifs d’artistes. Nous avons du reste déjà établi quelques liens avec divers partenaires, par exemple avec la Galerie Ligne Treize à Carouge, l’Association « Ateliers Portes Ouvertes des Artistes de Genève et Environs » et le collectif « Bât 43 » des Acacias.

Comment envisagez-vous l’avenir de la Galerie Ferme de la Chapelle ?
Avec beaucoup d’enthousiasme, en effet cette zone du canton est appelée à se développer de façon importante sur le plan urbanistique, je pense en particulier au projet d’aménagement du futur quartier de la Chapelle-les-Sciez qui va s’implanter sur des terrains face à la Ferme de la Chapelle. Je pense que nous serons appelés à jouer un rôle social décisif dans ce nouveau tissu urbain, en contribuant notamment à enrichir l’offre culturelle de la zone et partant la qualité de vie des futurs résidents.

Pour conclure cet entretien, parlez-nous de l’exposition actuelle.
Nous exposons jusqu’au 17 février une artiste d’origine belge, Maggie Daems. Celle-ci présente sous le titre « Forêt de mains » un ensemble de dessins, réalisés en techniques mixtes, qui révèlent un univers extrêmement ludique et poétique. L’artiste crée un nouveau langage de signes et de couleurs, peuplé de corps, de mains et d’œils qui attirent et hypnotisent le regard du spectateur. Les événements liés à l’exposition sont : une soirée de contes (24.01.08), un brunch (3.02.08, à partir de 11h.), un voyage musical (7.02.08, à 20h.).

Propos recueillis par Françoise-Hélène Brou

Prochaines expositions :

- Françoise Jaquet (5 au 30 mars, gravure, peinture, installation)

- Bernard Garo (16 avril au 11 mai, peinture)

- Exposition Collective sur le thème des « Arbres » (du 27 mai au 22 juin)

- Chris Morgan (du 2 au 28 septembre, photographie)

- Iseut Labote (du 15 octobre au 9 novembre, photographie)

- François Burland (du 26 novembre au 21 décembre, peinture. En collaboration avec la Galerie Ligne Treize à Carouge).

Galerie La Ferme de la Chapelle, 39, Route de la Chapelle, 1212 Grand-Lancy, +41(0)22342 94 38