La Comédie de Genève
Genève, La Comédie : “Andromaque“

La Comédie de Genève accueille Andromaque de Racine, dans la mise en scène de Declan Donnellan.

Article mis en ligne le février 2008
dernière modification le 4 février 2008

par Ann SCHONENBERG

Dix ans après le formidable Cid de Corneille monté au Festival d’Avignon, Declan Donnellan met en scène l’une des plus fortes tragédies de Racine : Andromaque. Créée au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris, elle sera à la Comédie de Genève du 18 au 23 février 2008.

Cette pièce place la relation enfant-parent au cœur du drame. L’action se déroule après la guerre de Troie, guerre longue qui finit dans la honte.

Personnage central
Les fils et filles des héros morts se retrouvent humiliés et tourmentés par ces disparus légendaires. Obsédés par leurs consanguins – Achille, Clytemnestre, Hector et Hélène –, ils oublient Astyanax (Sylvain Levitte) fils d’Andromaque et d’Hector. Pourtant Declan Donnellan choisit de placer au centre de sa mise en scène ce personnage absent de la pièce de Racine. Au cœur des préoccupations de tous, il est physiquement au milieu des tourments. Une poupée « Ken » à la main, il ressuscite son père avec sa voix. La figure d’Hector est alors présente aux yeux de tous et Andromaque fait face à son défunt époux à travers son fils.

Andromaque de Jean Racine, m.e.s. Declan Donnellan, Photo © Pidz

Energie
C’est avec une énergie circulaire que les comédiens jouent. Comme dans une arène, les personnages se battent, se courent après les uns les autres et s’étreignent. Le duo Oreste (Xavier Boiffier) et Pylade (Romain Cottard) se jette en premier dans ce Colisée. Se suivront les affrontements entre Andromaque (Camille Cayol) et Pyrrhus (Christophe Grégoire), entre Pyrrhus et Hermione (Camille Japy) puis entre Hermione et Oreste.
C’est dans une scénographie minimaliste de Nick Ormerod que ces couples se croisent. Les comédiens se meuvent en toute liberté. Seules quelques chaises cadrent leurs mouvements. A l’image du décor, les costumes sont simples, les femmes de noir vêtues en robe rétro et les hommes en uniformes d’officiers de marine laissent penser que la tragédie se situe dans les années 40 et donnent un ton élégant à la mise en scène.
Entre amour, jalousie, haine et vengeance, les comédiens se prêtent à un jeu à la fois comique et tragique. Encore une fois, l’énergie des comédiens que Declan Donnellan sait si bien faire surgir nous porte et nous emporte !

Ann Schonenberg

Du 18 au 23 février à la Comédie de Genève
(loc. 022/ 320.50.01)