Théâtre de Carouge et Théâtre Saint-Gervais, Genève
Genève : Jubilation théâtrale
Article mis en ligne le mars 2008
dernière modification le 22 mars 2008

par Sophie EIGENMANN

Le Théâtre de Carouge et le Théâtre Saint-Gervais proposent le 8 mars 2008 une journée de conférences dédiée à l’âge d’or du théâtre à Genève (1958-1982).

Le Théâtre de Carouge fête ses 50 ans, une belle occasion pour revenir sur le trajet qui a été fait par la scène dramatique genevoise. A sa création en 1958, le Théâtre de Carouge marque l’installation d’un théâtre d’art en Suisse romande et les débuts de François Simon et Philippe Mentha. Vingt-quatre ans plus tard, en 1982, l’arrivée du metteur en scène Benno Besson à la direction de la Comédie de Genève montre que le théâtre romand est alors devenu européen.

François Simon a une posture et un visage intéressant, en février 1958, à côté de la 1ère affiche du Théâtre, La Nuit des Rois de Shakespeare, affiche annonçant déjà des supplémentaires...
photo : Freddy Bertrand - Musée d’ethnologie

Que s’est-il passé pendant ce quart de siècle ? Avec l’évolution du théâtre dans la cité c’est aussi les mentalités qui ont changé. Au milieu de cette période, les événements de mai 68 ont balayé un certain nombre de rigidités. Mémoire vive du théâtre suisse, Daniel Jeannet explique plus concrètement qu’à cette époque, «  le théâtre sort de son cadre doré, casse ses conventions, déconstruit le personnage et l’illusion scénique, déboulonne les héros et congédie provisoirement les auteurs ». L’époque est à la création collective qui s’inspire des dernières tendances allant du Living Theater à Grotowski. En résulte des comédiens qui hurlent, parodient et se moquent d’un monde fait d’oppressions et d’interdits. Parmi ces agitateurs, on trouve François Rochaix qui dirige l’Atelier de Saint-Gervais mais aussi Jacques Probst, Michel Viala, Dominique Catton, André Steiger et tant d’autres.

Souvent semi-indépendants, ces artistes se rassemblent en troupes qui font trembler la scène artistique genevoise pour le plus grand plaisir du public. Elles s’appellent l’Atelier, le Théâtre Mobile, les Tréteaux libres, le Théâtre O, la Lune Rouge ou T-Act. Toutes cherchent à faire du théâtre autrement.

Daniel Jeannet demande : « Que sont-ils aujourd’hui devenus ces utopistes qui rêvaient de changer le monde par un théâtre d’art à vocation populaire, par la charge et la fable politiques, par l’imprécation ou par l’impact du corps et du cri ? » Cette journée de réflexion du 8 mars sera une bonne occasion pour se pencher sur cette question mais aussi sur ce qui a été fait, sur ce qu’il en reste et peut-être même sur ce qu’il reste à faire.

Sophie Eigenmann

Plus d’informations sur cette journée : www.theatredecarouge-geneve.ch