Au Moulin à Poivre, Genève
Genève : Moreno Macchi

Moreno Macchi présente son nouveau spectacle, Amor perduto, au Moulin - Poivre.

Article mis en ligne le avril 2008
dernière modification le 27 avril 2008

par Martine DURUZ

C’est dans un rôle de jeune premier, dans une comédie de Labiche, que Moreno Macchi a fait ses premiers pas sur scène et c’est grâce à ce premier engagement que son talent de chanteur et de diseur fut découvert.

Le metteur en scène François Truan lui proposa de monter un premier spectacle de chansons, « Autour de l’expressionnisme », en1977. Après ce succès, Moreno Macchi, décidément séduit par l’atmosphère du monde théâtral, mit au service de diverses troupes son art du maquillage. D’autre part, conscient des exigences du métier de chanteur, il s’attela sérieusement au travail de sa voix, prenant des cours pendant de longues années avec la cantatrice Carmen Gracia.
Le répertoire classique lui permit d’acquérir le contrôle de ses qualités vocales naturelles, mais son goût pour la chanson l’emporta sur les airs d’Alfredo, de Cavaradossi et autres Nemorino. De plus il tenait absolument à concevoir lui-même ses spectacles, du choix des chansons à celui de ses partenaires, de la recherche de fonds à la promotion. Il aime à se définir comme un «  artisan du spectacle »
 

Moreno Macchi

Complicité
Au début de chaque nouvelle aventure se situe la recherche d’un titre. Le dernier, « Amor perduto » lui a été suggéré par Mary Filliol, amie de toujours, dont les connaissances en matière de chanson de toute origine sont renversantes. Les fouilles dans les archives sonores de provenances diverses commencent alors ; aux trouvailles qui s’en suivent s’ajoutent les propositions des amateurs de son entourage, et finalement, le programme est établi.
Le pianiste Jean-Yves Poupin a bien sûr le droit de s’exprimer également ! D’abord musicien de jazz, il a un sens de l’improvisation et une mémoire musicale exceptionnels, de même que la faculté de transposer les accompagnements dans n’importe quel ton. Tout se passe sans partitions, puisque le musicien est non-voyant et que de toute façon elles ne sont souvent pas disponibles. Ce qui signifie que le chanteur aussi doit mémoriser d’oreille la musique et les paroles. Stéphane Fisch, le contrebassiste, joue, lui, avec les partitions qu’il réalise lui-même. Il partage avec Moreno Macchi une grande complicité et sa présence est essentielle.

« Amore perduto »
Le chanteur touche tous les publics ; les spectateurs sont aujourd’hui, dit-il, plus jeunes que dans le passé, mais une chose est sûre, cette année encore élèves et enseignants se déplaceront en nombre. Car, comme chacun sait, Moreno Macchi est aussi professeur de français et d’italien au Collège de Genève. Sa formation et sa culture littéraire lui permettent de sélectionner ses textes avec discernement et de les interpréter avec finesse et sensibilité, dans les deux langues. L’amour perdu sera décliné sur plusieurs modes : nostalgique, cynique, humoristique, dans une grande diversité de tonalités et de rythmes.

Moreno Macchi a pris la décision d’abandonner la photo quasi mythique qui figurait sur tous les supports de publicité depuis 1988. Le graphiste Jean-Marie Gerber, contemplant avec admiration le portrait qui devait figurer sur l’affiche de Cinemania, avait demandé ingénument : 
« Qui est-ce ? » Le public découvre donc aujourd’hui la nouvelle image du chanteur, sans maquillage ni retouches, telle que l’a conçue le photographe Riccardo Willig. Est-ce un signe que pour Moreno Macchi les paillettes et la sophistication ont désormais fait leur temps ?

D’après des propos recueillis par Martine Duruz

Au Moulin à Poivre, du 10 au 26 avril, (les jeudis, vendredis et samedis à 19h.30)
Location : Moulin à Poivre/Hôtel Calvy : Tel. 022 718 16 16