Théâtre de Beaulieu, Lausanne
Lausanne, Beaulieu : Hommage à Béjart

Un double hommage sera rendu à Maurice Béjart, avec la participation du Béjart Ballet Lausanne et du Tokyo Ballet.

Article mis en ligne le mai 2008
dernière modification le 8 juin 2008

par Michel PERRET

Béjart disparu que va t-il rester de son œuvre ? Si la question a maintes fois été abordée dès l’annonce de son décès, elle va se reposer de façon récurrente ces prochains mois et prochaines années, à mesure que la compagnie annoncera de nouveaux programmes et de nouvelles saisons.

La difficulté ne consistera pas de savoir quels ballets peuvent être remontés ou exhumés mais avec quels moyens ou comment pérenniser l’œuvre de Maurice Béjart sans tomber dans un conservatisme figé. Le répertoire béjartien est colossal et beaucoup d’œuvres sont marquées dans le temps ou correspondent à des interprètes précis qui ne sont plus là. On sait que Maurice Béjart a très souvent changé d’idées quand à la survivance de ses ballets après sa mort. Il avait un don inné pour modifier, rajeunir, réduire ou tout simplement adapter et découper des œuvres anciennes pour de plus jeunes danseurs ou simplement pour les rendre plus actuelles. Bien sûr les grands opus comme le Sacre, Boléro ou l’Oiseau de feu n’ont presque jamais bougés mais ils ne suffisent pas à alimenter et faire vivre une compagnie.

« L’Amour-La Danse », par le Béjart Ballet Lausanne
© BBL D.R.

On voit là le défi immense qui attend Gil Roman, le nouveau directeur de la compagnie et c’est bien sûr dès la saison prochaine que l’on pourra juger et commencer à en tirer des conséquences. Il y a évidemment d’autres exemples avec les compagnies d’Alwin Ailey ou Martha Graham aux États-Unis. Pour ne pas se scléroser, elles font appel à de jeunes talents et toujours dans l’état d’esprit de leur fondateur ! C’est vital pour ne pas sombrer dans le ballet-musée...

Après une série de tournées en Espagne, Italie et Belgique, ce printemps verra la reprise de l’Amour-la Danse créé en 2005 sur la base d’extraits de ballets marquants du répertoire (du 29 avril au 4 mai). C’est une sorte de dépôt pourri consacré à l’Amour avec parfois un grand A mais le plus souvent protéiforme. Romantique avec Roméo et Juliette, plus sexuel avec le Sacre ou intellectualisé avec Wien, Wien nur du allein sans oublier les années Sida magistralement mises en scène avec le Presbytère et la musique de Queen ! Et il y a aussi un beau clin d’œil à l’amour-amitié avec Brel et Barbara !

« Kabuki », par le Tokyo Ballet

Mais un autre point fort ce printemps (du 5 au 8 juin) est la venue du Ballet de Tokyo qui présentera un programme asiatique avec d’autres extraits de ballets de Maurice Béjart.Dirigé avec brio et continuité par Tadatsugu Sasaki, le Ballet de Tokyo a intégré depuis longtemps des œuvres du chorégraphe disparu à son répertoire. Béjart s’étant depuis toujours passionné pour le Japon et sa culture, il a créé plusieurs ballets exclusivement pour la compagnie nippone et qui n’ont jamais été donnés ailleurs. Le plus célèbre étant Kabuki d’après la légende des 47 samouraïs, habillés par le couturier japonais Issey Miyake. Ce sera une occasion unique pour le public de découvrir des extraits de ces œu-vres encore et malheureusement trop peu connues. Dans le même programme un autre ballet japonais, Bugaku, créé en 1988 et des extraits de Bakhti III rendront aussi hommage à l’Inde. En échange, le BBL entreprendra en juin une nouvelle tournée au Japon, la douzième en incluant le Ballet du XXe siècle !

Michel Perret

Théâtre de Beaulieu, Lausanne.
Location www.resaplus.ch ou tél. 0900.532.333