Genève : Congrès Richard Wagner

Georges Schürch, président du Cercle Romand Richard Wagner, nous parle de l’accueil du Congrès International Richard Wagner.

Article mis en ligne le mai 2008
dernière modification le 12 juin 2008

par Sophie EIGENMANN

Du 1er au 4 mai 2008, le Cercle Romand Richard Wagner accueille, pour la 1ère fois à Genève, le
Congrès International Richard Wagner, quatre journées exceptionnelles consacrées au compositeur allemand. Eclairage en compagnie de son président Georges Schürch.

Président du Cercle Romand Richard Wagner depuis 2001, Georges Schürch est à l’origine de la venue, pour la première fois à Genève, de ce Congrès annuel. L’idée maîtresse du Cercle Wagner comme de cette manifestation est d’ouvrir de nouveaux horizons culturels et de montrer l’esprit universel du compositeur. « Avec Wagner, on peut aborder des sujets d’une variété infinie comme la condition de la femme au 19ème siècle, le végétarisme ou la mise en scène ». Georges Schürch explique qu’il n’y a pas pour autant de culte de Wagner au Cercle. « Nous nous rendons bien compte de certains aspects plus complexes de sa personnalité et nous gardons un esprit critique. » Fort de ses 350 membres actifs, le Cercle romand est aujourd’hui l’un des plus importants en terre non-germanophone. En dehors de l’organisation d’événements autour du compositeur, il permet chaque année à deux jeunes musiciens professionnels d’obtenir une bourse pour se rendre au Festival de Bayreuth. Au niveau international, Georges Schürch précise que la pénétration de la musique de Wagner ne cesse de se développer. « Après la Chine et la Thaïlande, les derniers cercles qui ont été créés sont à Abu Dhabi et Marrakech. » Il y en a maintenant plus de 150 sur les cinq continents !

Programme des festivités
En cours de préparation depuis 2003, le programme du Congrès International Richard Wagner est l’occasion pendant quatre jours de présenter, tant aux wagnériens de passage à Genève qu’à la population locale, l’offre culturelle de la ville et ce qui s’y fait de mieux sur le plan
musical.

Georges Schürch

Le jeudi 1er mai au Bâtiment des Forces Motrices, le Quatuor Terpsycordes aura la joie d’ouvrir le Congrès avec des œuvres de Beethoven, Wagner et Hindemith. De ce dernier compositeur, ils interpréteront une pièce rarement entendue ; inspirée du Vaisseau Fantôme, elle fait le pari de l’esthétique de la fausse note. Le lendemain, le Grand Théâtre proposera la première de l’opéra romantique Lohengrin dirigé par Leif Segerstam et mis en scène par Daniel Slater. Direction la Cathédrale Saint-Pierre le samedi 3 mai pour écouter l’ensemble Elyma de Gabriel Garrido. D’origine genevoise, cet ensemble de musique baroque très reconnu à l’étranger joue rarement dans la région. Pour ce concert œcuménique, il offrira  Les Vêpres de la Vierge de Claudio Monteverdi en relation avec le lien de transmission qui existe entre ce compositeur italien et Richard Wagner, via Heinrich Schütz et ses successeurs. Le Congrès International Richard Wagner se terminera le dimanche 4 mai avec le Concert de la Ville de Genève au Victoria Hall. Dirigé par Gleb Skvortsov, ancien boursier du Cercle, il proposera l’Ouverture pour Faust de Richard Wagner et Rinaldo de Johannes Brahms.

Pour agrémenter ce riche programme, la Maison Tavel accueille une exposition consacrée au metteur en scène suisse Adolphe Appia (1862-1928) dont les théories révolutionnaires sur la présentation scénique inspirèrent en partie le nouveau Bayreuth de 1950. Deux conférences reviendront sur la personnalité et l’œuvre de Wagner. Proposée par Georges Schürch, la conférence du 1er mai abordera l’influence des montagnes helvétiques sur la vie et l’oeuvre de Richard Wagner. Grand marcheur, le compositeur a maintes fois affirmé qu’il a été inspiré par nos montagnes et nos forêts. Critique musical et maître de conférences à l’Université de Lille, Christian Merlin se chargera le 2 mai (en français) et le 3 mai (en allemand) de développer les liens entre Adolphe Appia et l’œuvre de Richard Wagner.

Varié et ouvert à tous, le Congrès International Richard Wagner réservera bien des surprises et des découvertes. En préambule, Georges Schürch insiste sur l’importance de l’humour chez Richard Wagner : « Il aimait se mettre en valeur, se déguiser, faire des pitreries. Il a même écrit un éloge du Zwieback ! » Grand admirateur de Wagner, le président du Cercle romand va voir ses opéras à Paris, Milan, Zürich ainsi que dans des petites villes allemandes. Son seul critère est que la mise en scène ne nuise pas à l’audition de la musique. «  C’est un système qui doit se nourrir de lui-même ! ». Démonstration à Genève du 1er au 4 mai.

Sophie Eigenmann

Informations sur les sites : www.cercle-romand-rwagner.ch
et www.congresrichardwagner2008.ch