Musée d’art et d’histoire, Genève
Genève, Musée d’art et d’histoire : Des Alpes au Léman

Le Musée d’art et d’histoire de Genève propose, grâce à une exposition très didactique, de découvrir une page de la préhistoire « locale ».

Article mis en ligne le mai 2008
dernière modification le 27 octobre 2008

par Sylvia MEDINA-LAUPER

Extrêmement didactique, cette exposition démontre que l’archéologie peut encore faire rêver. Le visiteur est invité à découvrir une page de la préhistoire locale, si l’on peut dire. Sur le mode de l’immersion visuelle, il assiste à des scènes concrètes de vie des communautés néandertaliennes
(- 35’000) et au passage de Jules César en 58 avant J.-C. sur les rives de l’actuelle place de Bel-Air.

Le Musée d’Art et d’Histoire de Genève, en partenariat avec les musées cantonaux d’archéologie de Lausanne et de Sion, nous restitue une part de notre lointaine histoire par le biais des nombreux objets provenant de leurs collections respectives. A partir de ces objets épars – une pirogue, des bagues, des stèles –, et avec l’aide si opportune du dessinateur de BD André Houot, l’exposition nous reconstitue de véritables scènes du quotidien. Chaque vitrine dévoile un tableau illustrant de manière explicite les hommes dans leurs activités avec ces objets millénaires et dans un paysage que l’on peut parfois reconnaître. On fait alors connaissance avec ces hommes et ces femmes qui ont peuplé ces espaces si contrastés, qui s’étendent des rivages lacustres aux sommets peu accueillants des Alpes. On les accompagne dans leur rites funéraires, dans leur déplacement le long du col du Collon (vers Arolla), dans leur confection de lances ou de vêtements. Le parcours est échelonné en quatre étapes.

Chasser, cueillir, le lot des nomades
L’origine de la présence humaine dans nos régions est entièrement conditionnée par les glaciations successives. Hormis la présence de l’homme de Néandertal vers 35’000 avant J.-C., la véritable implantation humaine – paléolithique puis néolithique – et pérenne n’a eu lieu qu’après le dernier retrait glaciaire, soit il y a 18’000 ans. Durant des millénaires, ces populations vont coexister avec des ours (ce que montre l’illustration de la grotte habitée par les plantigrades en hiver puis récupérée par une tribu dans les belles saisons), et vivre de chasse, de pêche, de cueillette, déplaçant leur campement en fonction des ressources disponibles.

Sédentarisation, la mise au point de l’élevage et de l’agriculture
A partir de la fin du 5e millénaire avant J.-C., de nombreux villages se développent sur les rives du Léman et dans les environ de Sion. La population maîtrise progressivement l’agriculture et l’élevage, la paysannerie s’étend, de vastes forêts sont défrichées, des champs sont cultivés et des troupeaux épuisent les pâturages. Les villages sont amenés à se déplacer périodiquement, une sorte de sédentarisation itinérante.

L’âge du Bronze et l’âge du Fer
L’exploitation du métal et les avancées techniques qu’il permet amène un marché d’échange à plus grande échelle. La richesse qui en découle favorise l’émergence d’une nouvelle aristocratie qui aime montrer son faste et sa puissance. La hiérarchie est bien visible lors de la cérémonie funéraire de Vidy où l’on voit des chefs de clan richement ornés face à des paysans simplement habillés. Avec l’âge du Fer, les échanges commerciaux prennent leur envol et s’étendent jusqu’aux rives méditerranéennes. « Dès le IIe siècle avent J.-C., l’économie est monétarisée et les premières villes, dotées de puissants remparts, font leur apparition », c’est le cas de Genava, l’oppidum extremum qui révèle une structure urbaine autour de son port. C’est une période qui fait cohabiter différents peuples sur son territoire, les Celtes, les Sédunes (Valais central), les Véragres (autour de Martigny), les Nantuates (Chablais), les Helvètes (sur les rives du Léman), les Allobroges (Genève et Haute-Savoie).

L’emprise de Rome
En 58 avant J.-C., les légions romaine du général romain aux initiales avant-gardistes, arrivent au bout du lac. C’est « Une rencontre au sommet  » ; on y voit Jules César négocier avec Divico, le chef helvète, puis donner l’ordre de démonter le pont sur le Rhône afin d’empêcher la migration des Helvètes vers la Gaule. L’année suivante, à Martigny, c’est le début de la Guerre des Gaules.

Sylvia Medina-Lauper

Musée d’Art et d’Histoire de Genèvec
Visites commentées publiques ou sur réservation au 022 / 418.25.00
www.ville-ge.ch/mah
jusqu’au 26 octobre 2008