Au Victoria Hall de Genève
Evénement OSR

Passage à Genève de deux artistes d’exception, Martha Argerich et Charles Dutoit.

Article mis en ligne le février 2007
dernière modification le 19 octobre 2007

par Bernard HALTER

A la mi-février, l’Orchestre de la Suisse Romande
accueillera la célèbre pianiste Martha Argerich et le chef d’origine suisse Charles Dutoit pour trois concerts aussi prestigieux que prometteurs. Au programme, des œuvres qui font depuis plusieurs décennies la renommée, voire
la légende – osons le mot ! – de ces deux artistes
d’exception.

Ayant été il y a plus de trente ans un couple à la vie comme au concert, Martha Argerich et Charles Dutoit continuent de former un tandem musical très couru lorsqu’ils décident d’unir à nouveau leurs talents. En effet, le site de l’OSR avertit dès janvier que les deux concerts des mercredi 14 et jeudi 15 février sont complets ! (Il reste toutefois des places pour le Concert de la Ville de Genève du dimanche 18 février à 11h.) La venue des deux musiciens fait figure d’événement, eu égard à leur renommée. Au surplus, le Concerto en sol majeur de Ravel et la Symphonie fantastique de Berlioz constituent des œuvres emblématiques dans la carrière de Charles Dutoit, lequel a toujours défendu le répertoire français, à l’instar de son formateur et maître Ernest Ansermet.
Quant aux virevoltantes envolées pianistiques du concerto de Ravel, qu’inaugure un retentissant coup de fouet, elles n’ont plus de secret pour la pianiste Martha Argerich dont une gravure essentielle en compagnie de Claudio Abbado subsiste encore aujourd’hui dans les bacs des meilleurs disquaires (dans la série « Legendary recordings » de Deutsche Grammophon). Ce même CD anthologique contient en outre le Concerto n°3 de Prokofiev, concerto que la pianiste présentera lors du concert du dimanche 18 en lieu et place de celui de Ravel à l’affiche les 14 et 15. Certes, les œuvres de ces concerts semblent s’inscrire de prime abord dans une certaine tradition pour Martha Argerich. Il convient toutefois de garder à l’esprit la capacité à nulle autre pareille que possède cette artiste pour sans cesse renouveler l’approche des pièces qu’elle aborde. Telles ont du reste toujours été ses intentions et il n’est pas d’interview d’elle qui omette de souligner cet aspect de son travail.

Martha Argerich et Lugano
En 2002, le Progetto Martha Argerich a vu le jour à Lugano. Le festival est assorti de masterclasses et permet l’émergence de jeunes talents. Des artistes tels Mischa Maisky, Lylia Zilberstein, Renaud Capuçon, Dora Schwarzberg, Nicholas Angelich font escale chaque été à ce nouveau rendez-vous que relaie largement la Radio suisse italienne RTSI. Dix-huit concerts sont annoncés pour la période s’étalant du 9 au 26 juin 2007. Pour l’heure, maints enregistrements parus chez EMI permettent de brosser un portrait musical de la manifestation et des débouchés et découvertes qu’elle offre en marge de ses concerts. Du point de vue discographique, la manifestation tessinoise jouit du concours de la maison de disques EMI qui édite depuis le début du Progetto des coffrets de trois galettes (réf. : 3584722 pour l’année 2005, avec maintes œuvres de musique de chambre romantiques interprétées par les pointures du Festival).

Discographie sélective
EMI présente encore plusieurs autres enregistrements de Martha Argerich qui méritent de retenir l’attention des mélomanes. Voici quelques exemples rendant compte, forcément de manière incomplète, d’un parcours artistique rare : Un CD sorti en 2006 de musique de chambre française enregistré en compagnie de Mischa Maïsky présente une version avec violoncelle pleine de lyrisme de la “Sonate pour violon et piano en la majeur” de César Franck, la “Sonate” de Debussy, ainsi qu’un arrangement signé Maïsky d’un Prélude et de la valse (La plus que lente) de « Monsieur Croche antidilettante » (réf. : 3713292). Au chapitre des grands concertos, le “Concerto op. 54” de Schumann – avec Alexandre Rabinovitch-Barakovsky – (réf. : 4768492) et ceux de Chopin avec Charles Dutoit (réf. : 5567982) aux commandes de l’Orchestre symphonique de Montréal sont des valeurs très sûres. Précisons encore qu’en complément du disque Schumann, Martha Argerich propose des pièces – trop rarement jouées ! – de son compatriote argentin Alberto Ginastera, ainsi que Gaspard de la nuit de Ravel, une œuvre que la pianiste avait déjà transcendée par le passé et dans laquelle elle allie ses qualités les plus raffinées et les plus créatives.

Bernard Halter

Charles Dutoit et Martha Argerich avec l’OSR
Berlioz : Ouverture de Béatrice et Bénédict ; Symphonie fantastique op. 14
Ravel : Concerto pour piano et orchestre en sol majeur
Mercredi 14 et jeudi 15 février à 20h au Victoria Hall.

Concert de la Ville de Genève.
OSR, Charles Dutoit et Martha Argerich
Prokofiev : Concerto pour piano N° 3 en ut majeur op. 26
Berlioz : Symphonie fantastique op. 14
Dimanche 18 février à 11h au Victoria Hall.

Renseignements, billetterie : www.osr.ch